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mardi, 01 octobre 2019

Intervention d’Yvon ROBERT, Président de la Métropole Rouen Normandie, devant le Conseil de Métropole du lundi 30 septembre 2019

Monsieur le Préfet, Mes chers collègues, Mesdames et Messieurs,

Notre territoire est depuis jeudi impacté par le grave incendie de l’entreprise Lubrizol. Nos concitoyens sont légitimement inquiets. La peur devient colère. Parmi nous, des élus se sentent eux aussi démunis ou insuffisamment informés. C’est pourquoi je vous remercie Monsieur le Préfet, ainsi que vos équipes d’avoir accepté notre invitation de venir exposer l’état de la situation et répondre aux questions des différents groupes politiques. Je précise que pour des raisons de place, et donc de sécurité, cette enceinte ne peut malheureusement pas accueillir tous ceux qui l’auraient souhaité. C’est pourquoi nous avons décidé de retransmettre cette rencontre sur les réseaux afin que chacun puisse entendre nos échanges. La presse est également présente afin d’en rendre compte en toute transparence.

En premier lieu, permettez-moi de rendre un hommage solennel aux sapeurs-pompiers qui ont œuvré et œuvrent toujours au plus proche du site de l’incendie. Leur courage mérite notre respect et notre infinie reconnaissance. Je pense également à tous les fonctionnaires, de l’Etat et des collectivités, qui se sont mobilisés dans un contexte tout aussi difficile pour eux. Je pense aussi aux 400 salariés de l’entreprise.

Avant de laisser la parole à Monsieur le Préfet, je souhaite dire quelques mots en introduction. La situation à laquelle nous sommes confrontés est complexe. L’attente des citoyens est forte et je souhaite au nom de tous les élus métropolitains leur dire que nous comprenons leurs interrogations et leurs angoisses. Si l’incendie et son panache de fumée sont derrière nous, les habitants de la métropole sont toujours confrontés à des odeurs qui, selon les vents et les lieux peuvent se révéler plus ou moins fortes, plus ou moins incommodantes. Cette situation qui pourrait durer encore quelques jours entretient les doutes des habitants.

La préfecture a publié des résultats d’analyse. Monsieur le préfet nous en parlera dans un instant. La transparence est une obligation majeure. Tout doit être mis sur la table. Il est capital que les maires disposent des informations le plus rapidement possible. Les élus locaux sont en effet les premiers relais de leurs concitoyens. Leurs interrogations doivent également être écoutées et entendues.

Monsieur le préfet, j’ai à plusieurs reprises indiqué ces derniers jours ma confiance envers les autorités sanitaires, envers les fonctionnaires et les ingénieurs de l’Etat qui ont travaillé sans relâche ces derniers jours notamment pour produire des résultats d’analyse. A ce jour, des interrogations demeurent. Je sais que certaines analyses méritent plus de temps.  Il est essentiel que tous les services de l’Etat, continuent à y répondre, chacun dans ses responsabilités.

L’incendie est aujourd’hui maitrisé. Les odeurs persistantes ne permettent pas cependant de considérer que nous sommes revenus à une situation normale. Permettez moi d’être un instant le porte-parole des quelques questions que j’ai entendues, de la part de citoyens ou d’élus :

- Nous souhaitons des informations concrètes sur l’origine de l’incendie et sur les premiers résultats de l’enquête en cours.

- Il me semble indispensable que la liste des produits qui ont brulé soit publiée

- Des études et analyses doivent être suivies dans le temps afin d’identifier précisément ce qui a pu se retrouver dans l’air, les sols, les cours d’eau.

- De même un suivi médical doit être organisé pour les personnes qui se sont signalées.

Alors même que les causes de l’incendie ne sont toujours pas connues, les regards se tournent logiquement vers les autres sites Seveso du territoire. Monsieur le préfet, je crois qu’un audit de la situation sécuritaire de l’ensemble des sites Seveso de la métropole serait de nature à rassurer et dans les conditions actuelles il n’est pas imaginable que l’entreprise Lubrizol puisse rouvrir.

Concernant le projet d’éco-quartier Flaubert, j’engagerai ces prochains jours une réflexion associant tous les groupes politiques. Je rappelle qu’à ce jour, aucun permis de construire n’y est signé.

Le ressenti de la population et de ses représentants montre que les procédures de gestion de crise doivent être améliorées. Il pourrait ainsi par exemple être proposé qu’un panel de citoyens tirés au sort ou volontaires forme un comité consultatif ayant accès aux procédures de gestion de crise pour poser des questions, tester la faisabilité, la compréhension des procédures existantes.

Je pense que nous pourrions contribuer à renforcer les moyens d’ATMO Normandie, par un financement complémentaire et exceptionnel pour acquérir des matériels spécialisés.

Que ce soit pour les particuliers, les agriculteurs, les collectivités financièrement impactés par cette catastrophe, je demande à l’Etat qu’un décret portant reconnaissance de catastrophe technologique et ouvrant ainsi les droits à l’assurance, soit pris dès à présent.

Plus globalement, la catastrophe Lubrizol doit nous amener à repenser collectivement le développement de la vallée de la Seine : quel mode de développement ? Quelle place pour l’industrie ? Supprimer les usines sans se soucier d’emploi ni d’aménagement du territoire ne résoudrait rien. Nous avons besoin d’un Plan pour la Vallée de la Seine, autour de l’économie circulaire post-pétrole, des greentech, de la formation des salariés… Et nous avons besoin aussi, d’une planification urbaine pluriannuelle qui organise l’ensemble.

Enfin, nous n’ignorons pas que dans la période que nous vivons, il y a une perte de confiance, entre beaucoup de nos concitoyens et tous ceux qui, comme nous exerçons des responsabilités publiques. Nous sommes plusieurs à penser que l’Etat devrait faire appel à un organisme comme l’INSERM qui rassemble de très nombreux scientifiques réputés dans toutes les disciplines pour faire une analyse des conséquences de cette catastrophe industrielle.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention et donne la parole à Monsieur le Préfet.

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