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vendredi, 30 janvier 2009

L'école Georges Brassens

Lors de sa séance de Septembre 1997, le Conseil Municipal émettait un avis favorable sur un regroupement scolaire au sein de notre commune. Cette décision prise dans l'intérêt pédagogique des enfants avait pour effet d'annuler la fermeture d'une classe décidée par l'Inspection Académique à l'école Germaine Coty, mais elle entraînait la fermeture de la classe unique de l'école Georges Brassens du Paulu.
C'est une page de l'histoire de notre commune qui s'est tournée ce jour-là.

Au tout début de ce siècle, il existait au Paulu, près de la rivière, une petite école privée tenue par des religieuses, qui y accueillait les garçons jusqu'à 7 ans et les filles jusqu'à 12 ans. La construction d'une école publique au Paulu est évoquée pour la première fois par le Conseil Municipal en 1908 : " Le Conseil considérant que la vallée du Paulu comporte 365 habitants pour Saint-Pierre-de-Varengeville et qu'avec Saint-Paër on obtient un chiffre supérieur à 500 habitants... qu'il y a lieu de prévoir que prochainement il serait indispensable d'édifier dans la vallée à frais communs pour les deux communes un groupe scolaire comprenant une école de garçons et une école de filles pour remplacer l'école privée, la vallée étant éloignée de 3 krn des écoles publiques.


Le Conseil Municipal de Saint-Paër ayant refusé de participer à la construction d'une école dans ce hameau, le Conseil de Saint-Pierre décide en 1909 de la construire seul.


En 1910, le Conseil fixe la superficie du terrain nécessaire à 2000 m2 et arrête son choix sur un herbage situé au bord de la rivière appartenant à Alexandre PIGACHE, propriétaire d'un moulin à grains au Paulu (appartenant actuellement à Monsieur et Madame WARNET). Lors des inondations des 23 et 24 Juillet 1910, ce terrain ayant été inondé, le Conseil décide de choisir un terrain situé sur la côte face au premier. En 1911, une parcelle de 2388m2 appartenant à Monsieur Léon HERMIER d'Ambourville, est estimée à 1.800,00 francs; le propriétaire en demande 2.675,00 francs, En 1912, Monsieur HERMIER consent à vendre son terrain pour 1.800,00 francs. Le projet de construction du groupe scolaire est estimé à 41.150,00 francs, mobilier compris. La même année, le projet est modifié par l'adjonction d'une classe enfantine. En 1914, le projet est définitivement adopté: la dépense est fixée à 46.815,00 francs. Le choix de l'architecte est fait, il ne reste plus qu'à effectuer l'adjudication mais la déclaration de guerre stoppe net la procédure. Ce n'est qu'en Novembre 1918 que ce projet sera à nouveau abordé en Conseil.


Le Préfet demande si les intentions de la commune concernant la construction d'une école au Paulu sont modifiées. Le Maire lui répond que l'adjudication n'a pu avoir lieu, que l'architecte désigné est décédé en Décembre 1914 et que l'emprunt n'avait pas été contracté, néanmoins le Conseil se prononce sur le maintien du projet mais considérant qu'il y a lieu de désigner un nouvel architecte, que compte tenu de l'augmentation des prix, l'emprunt projeté serait insuffisant, je laisse le soin au Conseil Municipal qui sera élu dans les prochains mois de statuer sur ce dossier.
En 1925, le Maire informe le Conseil que l'Etat n'est pas disposé à accorder des subventions pour des constructions nouvelles. Il est donc décidé d'attendre. En Août 1925, le Préfet relance le Conseil en insistant sur la nécessité de construire une école à 2 classes qui serait fort utile aux habitants de la vallée sous réserve que Saint-Paër paie sa quote-part, En 1929, le Conseil de Saint -Paër refuse à nouveau toute participation. En 1931, le nombre des enfants du hameau âgés de 5 à 13 ans est d'environ 70. Il est décidé la construction d'une école de 2 classes sur un terrain appartenant à Monsieur THIERRY pour un montant de 30.000,00 francs. En 1932, le projet est estimé à 375.000,00 francs. Il sera subventionné par l'Etat et couvert par un emprunt sur 30 ans. L'école est inaugurée le 17 Septembre 1933 par Hippolyte DUCOS, sous-secrétaire d'Etat à l'Education Nationale. Le vin d'honneur et le banquet ont coûté 2.500,00 francs!

J.P. HERVIEUX Source: R. VOITARD " Varengeville à travers les âges" (non publié)

vendredi, 23 janvier 2009

La garde Nationale

Créée en 1789, la Garde Bourgeoise de Paris, milice civique, participa à la prise de la Bastille. Son commandant, LAFAYETTE, lui donna le nom de Garde Nationale. Elle fut étendue à l'ensemble du territoire et servira de réserve pour le recrutement des volontaires de 1791.
Elle joua un rôle actif lors des journées révolutionnaires de 1792. Dissoute à plusieurs reprises, elle réapparaît régulièrement entre 1796 et 1825 et demeure de tendance libérale. Dissoute à nouveau en Avril 1827, mais non désarmée, elle se reconstitue dès le 27 juillet 1830 et participe à la Révolution de 1830. Elle est réorganisée par Louis Philippe par une loi promulguée le 22 Mars 1831. Elle était chargée de défendre la royauté constitutionnelle, de conserver et de maintenir l'ordre et la paix publique et de seconder l'année dans la défense du territoire.
Les gardes nationales étaient organisées en compagnies par commune et formaient un bataillon par canton; les dépenses en découlant étaient à la charge des communes. Tous les citoyens de 20 à 6O ans devaient assurer le service de la Garde Nationale.

Les archives communales comportent des listes des années 1830 à 1837. Le 1er Septembre 1830, le Maire, Monsieur DROUET, charge Monsieur ROGER, garde champêtre, d'avertir les 156 hommes recensés qu'ils sont convoqués à la Mairie le Lundi 6 Septembre à 7 heures du matin pour constituer la Garde Nationale et élire leurs officiers.
La 1ere compagnie est composée de 97 hommes. Elle est commandée par Aimable LEMONNIER, Capitaine, secondé par André MARTIN, lieutenant, François PHILIPPE, sous lieutenant, Augustin LA TOUR, sergent major; elle comprend en outre 4 sergents et 8 caporaux, Jacques RIVIERE en est le tambour.
La 2e compagnie comprend 89 hommes. Elle est commandée par Jean Baptiste SEHET, lieutenant (et futur maire de Saint-Pierre), secondé par Jean QUIBEL, sous lieutenant, aidé de 4 sergents et 6 caporaux; le fils PIERRE est tambour.
A partir de 1834, les listes comportent, outre les noms, l'âge et la profession des gardes nationaux.
En Mai 1834, l'état de contrôle comprend 75 noms. Des cultivateurs y côtoient des propriétaires, des maçons, des charpentiers. des aubergistes et un boucher. Le benjamin Edouard DELEPINE, a 21 ans, le doyen Jean SAILLARD a 54 ans. Il est propriétaire.
En Février 1835, il n 'y a plus que 73 noms. Louis JOURDAIN, 55 ans, cultivateur, est maire (depuis Décembre 1831), Frédéric ALLAIS, 38 ans, également cultivateur, est son adjoint. La Garde Nationale est commandée par André MARTIN, 52 ans capitaine, secondé par Pierre DELAUNAY, 44 ans, sous lieutenant, et Pontif QUIBEL, 49 ans, sous lieutenant. Ils sont tous trois propriétaires.
En Février 1837, il ne reste plus que 64 hommes. Le 28 Août 1870, une liste des hommes composant la Garde Nationale sédentaire est dressée en application de la loi du 12 Août 1870. Elle comporte 82 noms et est composée, principalement d'ouvriers de filature et de cultivateurs mais également du directeur de la filature.
Le 18 Septembre 1870, le Conseil Municipal décide d'armer 84 gardes nationaux. Le bataillon de la Garde Nationale de Duclair est commandé par Charles DARCEL. Charles DARCEL était à cette époque maire de Berville sur Seine et conseiller général du canton de Duclair. Les dépenses de la Garde Nationale du canton s'élèvent à 1.095,60 francs. Cette somme est répartie entre les communes au prorata de la population. Saint-Pierre doit régler 76,34 francs. Charles DARCEL écrit au maire de notre Commune et lui demande d'inscrire cette somme au budget additionnel de 1871 ( ce qui n'avait pas été fait au budget primitif). La commune connaissait à cause de la guerre, de graves difficultés financières. Dans ce même courrier, Charles DARCEL indique que le bataillon de Duclair avait demandé à participer aux combats de Buchy, le 5 Décembre 1870, mais que leur proposition n'avait pas été retenue par l'état major. La Garde Nationale s'étant ralliée à la Commune de Paris, fut définitivement dissoute le 30 Août 1871.

Jean-Pierre HERVIEUX - Maire-Adjoint

La vie à Saint Pierre de Varengeville en 1950

En 1950 notre commune comptait 1311 habitants (Duclair 2219 et Le Trait 4200).

  • Emile HARDI était Maire
  • Charles CARRE et G. TIPHAGNE, Adjoints
  • R. LE BRETON, P LEURENT, L. BRAQUEHAIS, A. POUGEADE, M. TOUTAIN, M. TANQUEREL A. DUMONT, L. LECEE, METAIS, Th. LAPPEL Conseillers Municipaux.
  • Jacques JOUAN était secrétaire de Mairie - Madame JOSSE, receveuse des PT.T. - Georges COMY, Garde Champêtre - l'Abbé ROUSSEL, Curé de la paroisse
  • Charles CARRE, Directeur de l'école des garçons, assisté de Madame CARRE et de M. BARRAS, instituteurs
  • Melle VIDALENC, Directrice de l'école des filles, assistée de Madame DANGER
  • Mr et Mme POUGEADE, instituteurs à l'école du Paulu
  • Monsieur Armand de MALARTIC était Conseiller Général du canton de Duclair
  • Mr MAYEU était Président du Comité des Fêtes
  • Mr PIGACHE, Président du Comité du Paulu
  • Mr TIPHAGNE, Président de l'Amicale des Anciens Elèves de Saint -Pierre-de- Varengeville
  • Mr LEFEZ, Président de la Société de Secours Mutuels des Anciens Militaires et Marins Vétérans

 

En 1950, notre commune comptait deux filatures : Les Ets LEURENT et la Filature Saint Sever dirigée par Mr FREMAUX et de nombreux commerçants et artisans :

  • un boucher: Georges SIMEON
  • un charcutier: Georges RENIEVILLE
  • un boulanger: Andre ELIOT
  • un coiffeur: Robert MAYEU
  • une couturière: Madame LAUGEOIS
  • un cordonnier: Roland PALLANDIN
  • un charron: André RAIMBOURG
  • un garagiste: Vincent DELEBARRE
  • un laitier: Raoul PIGACHE
  • un maréchal ferrant: Jean POUCHET
  • un charpentier: Emile BINARD
  • un marchand de cycles: Ernest BERTIN
  • deux menuisiers: Xavier LEBOURGEOIS et Gaston BOISSET
  • Trois couvreurs: Louis BERSOULT, Amand QUIBEL et René GAILLON
  • Quatre maçons: Henry GRATIGNY, Georges ZEDE, Jules HUE et Marius LAUGEOIS .
  • Douze cafés épiciers dont 3 étaient également débits de tabacs : MM. E. BRAQUEHAIS, L. BRAQUEHAIS, TARDY, MAYEU, QUEVILLY, PIOCHELLE, BARON-COULON, LAURENT, Melle AVENEL
  • Quatorze fermiers: Mrvl ANDRIEU, AVENEL, JACOBS, PIGACHE, TOUTAIN, LEPILLER, JOURDAIN, DUBOC, TANQUEREL, THIERRY-DUHAMEL, QUIBEL, DEWULF et DUMONT

C'était ainsi en 1950 à Saint-Pierre-de-Varengeville et on trouvait déjà le Courrier-Cauchois chez Mr BRAQUEHAIS.

Extraits de l'Almanach du Courrier-Cauchois de 1950.

Jean-Pierre HERVIEUX

jeudi, 22 janvier 2009

Comment s'habillait-on à St Pierre à l'époque de la révolution ?

Tout d'abord il convient de préciser que les gens de cette époque exerçaient souvent une dou ble profession tenant compte de la situation géographique de leur habitaiton; ils tiraient leurs ressources à la fois du fleuve et de la terre: Capitaine de navire ou simples marins, voiturier d'eau-laboureur, pêcheur-laboureur, voilier-marchand de cidre...
Leur tenue vestimentaire variait avec leurs revenus modestes.

Le costume des femmes est traditionnel et ne diffère guère de celui des régions voisines: elles portaient un corps de drap et d'étamine brun noir, des jupes de froc, de molleton, de belinge de serge de couleur bleue ou de siamoise rayée, de camisoles d'espagnolette rouge ou d'indienne doublée, de molleton (ces camisoles se sont appelées carmagnoles dans la région de DUCLAIR dans les années suivantes), des mouchoirs de cou, de mousseline ou d'indienne bleue à mouches. Elles étaient le plus souvent chaussées de sabots plus rarement de souliers.
A l'inverse des autres régions du Pays de Caux, le bonnet cauchois n'était pas porté dans la région de DUCLAIR. Les femmes étaient coiffées de marmottes dont le volant était beaucoup plus large que celui de la marmotte de FECAMP; ces marmottes étaient également appelées bavolet à ROUEN et au VAL de la HAYE. Il s'agissait d'une cornette portée sur un béguin mais dont la large bande est repliée vers le haut de telle façon qu'elle cache le fond. Un second et savant pliage ramenait les extrémités sur la tête, pliage qui variait selon les localités.

Les hommes portaient des chemises de toile de lin ou de chanvre, des camisoles de froc, des culottes de toile, des bas de laine ou des guêtres, un mouchoir de toile autour du cou, un gilet de molleton de froc ou de basin et parfois un habit de velours. Ils étaient chaussés de sabots ou de galoches, plus rarement de chaussures. Ils étaient coiffés d'un chapeau de feutre dit "rond" à bords larges ou d'un bonnet de laine.

Voici donc comment on s'habillait dans la région de DUCLAIR à l'époque de la REVOLUTION.

CORPS: corset
CAMISOLE: corsage: pour les femmes: corsage vêtement court à manches se portant sur la chemise pour les hommes: vêtement taillé dans un tissu épais.
MOUCHOIR DE COU: pour les femmes: fichu, mouchoir croisé dans le décolleté
Drap, étamine, froc, molleton, belinge, serge, siamoise, indienne, espagnolette, mousseline, basin : tissus employés dans l'habillement.

D'après Histoire du Costume Populaire en Normandie de Marguerite Bruneau

mercredi, 21 janvier 2009

Le comité de surveillance

On désigne sous le nom de maximum dans la Révolution, l'ensemble des textes par lesquels la Convention réglemente le prix des biens. La loi du 4 mai 1793 fixe un prix maximum des grains et met en place un système de contrôle du commerce et de répression des infractions dont l'application était laissée à la volonté des administrations départementales et locales.


A la suite de la journée des Sans Culottes, le 5 septembre 1793, la convention est contrainte de radicaliser sa politique économique. Les lois du 1l et 29 septembre 1793 instituent le maximum général, c'est-à-dire un prix maximum et des conditions d'achat précises non seulement pour les grains mais également pour tous les produits de première nécessité.
Sur le plan local des Comités de Surveillances sont créés dans les Communes fin 1793, début 1794.
Dans le canton de DUCLAIR, seuls les registres des Comités de Surveillances de DUCLAIR, SAINT PAER et SAINT PIERRE DE VARENGEVILLE existent encore.


A SAINT PIERRE DE VARENGEVILLE L'EGALITE, le Comité de Surveillance fut mis en place le 14 Pluviose de l'An II (2 février 1794). Il était composé de Louis LEFEBVRE - Jean NOUVEL -Pierre GUILLEMARE - Antoine DURY - Jean CHANDELIER -Michel TROUVE - Médez VIGNEROT.- Adrien DIGARD - Jean -Baptiste PHILIIPPE - Jean-Pierre FONTAINE - Jean COLARD et Jean QUIBEL.
Les membres du Comité de Surveillance prêtèrent serment devant la Municipalité ce même jour comme l'exigeait la loi. Outre le respect du maximum, les Comités de Surveillance fournissaient des renseignements sur les citoyens et appliquaient les directives du Comité de Salut Public; c'est ainsi que celui de notre commune fournit au district Montagnard d'YVETOT des renseignements sur Raoul DUVAL de BEAUMETS, seigneur de ST PIERRE, interné à ROUEN et dont le fils avait émigré. Le 20 Germinal (9 avril) il ordonnait à la Municipalité de retirer le Christ et les statues de l'église ainsi que la croix du clocher.


La dernière séance du Comité de Surveillance eut lieu le 20 Thermidor An II (7 août 1794).

Histoire du camp TWENTY GRAND

"Twenty Grand" était le nom d'une cigarette Américaine (une marque). La compagnie n' existe plus depuis la fin de la guerre. Les premiers soldats américains apparurent à Saint Pierre de Varengeville à l'automne 1944. En Novembre 1944, des Américains s'installèrent au Château LE BRETON (actuel Château de la MATMUT). Ils y demeurèrent jusqu'à la semaine précédent Noël 1944 ; ils partirent ensuite en direction des Pays Bas. Ils employaient du personnel français. Des Américains occupèrent à nouveau le château dès le mois de Janvier 1945.
Ce camp, comme les autres, conçu selon les normes définies par l'armée américaine, était une véritable ville, vivant sur elle-même. Le camp poussa en quelques jours avec les méthodes, la vitesse et l'ampleur des moyens qui sont de règle aux Etats Unis. Le camp fonctionnait nuit et jour, 24 heures sur 24 heures.
Pour niveler le terrain, des énormes engins de chantier etaient sans cesse en mouvement. Les Américains utilisèrent des gravats provenant des bombardements de Rouen. 'Un ballet de camions amena des centaines de tonnes de gravats selon le trajet suivant: - Rouen; Canteleu; Saint-Martin-de-Boscherville ; La Fontaine; Camp " Twenty Grand" ; Saint-Pierre-de-Varengeville ; La Maine; Rouen. Ces camions circulaient nuit et jour à très grande vitesse sans se soucier des moindres règles de sécurité.

Avant la guerre, la montée de l' Anerie, qui relie le Hameau de l'Anerie, situé au bord de la Seine, à la RD 43, n'était qu'un simple et modeste chemin rural. Les Américains l'élargirent et l'empierrèrent afin de permettre le passage de leurs véhicules. Ils utilisèrent des matériaux qu'ils allaient chercher aux carrières de Jumièges. Il existe aux Sablons, à la limite des communes de Jumièges et Mesnil-sous-Jumièges, une " Rue des Américains".

 

Inauguration de l'exposition Camp "Cigarette"

Le Camp "TWENTY GRAND" se mit en place en Décembre 1944. Il était l'un des trois premiers camps créé par l'armée américaine. Il fut le premier à être appelé d'une marque de cigarettes, suite à la réunion du entucked. Il avait une capacité de 20 000 hommes mais reçu certains jours, d'après les témoignages, plus de 30 000 hommes. Le camp "TWENTY GRAND" s'étendait sur plusieurs dizaines d'hectares de part et d'autre de la RD 43, reliant Saint-Pierre-de- Varengeville à Duclair, du Bourg Joly, au delà de la Croix de l'Epine.

Le camp "TWENTY GRAND" était réservé aux hommes réformés de l'Armée Américaine, c'est à dire, les hommes de plus de 42 ans et ceux, quelque soit leur âge, qui avaient obtenu un certain nombre de points. Il existait, en effet, dans l'Armée Américaine, un système de points fort ingénieux: chaque mois passé dans l'Armée comptait un point; chaque enfant jusqu'à trois ans comptait 12 points; chaque décoration donnait 5 points.

Le camp "TWENTY GRAND ", comme les autres camps, comportait des rues, des dizaines de kilomètres de canalisations desservant l'eau, des tentes et des bâtiments en dur, une chapelle, des commerces, des ateliers de réparations mécaniques, un théâtre, un cinéma.

Le foyer du camp, le Red Cross, fut récupéré par la Commune de Saint-Pierre-de-Varengeville en 1946. Démonté puis remonté dans le Bourg, c'est l'actuelle Salle des Fêtes de la Commune.

jeudi, 15 janvier 2009

La Chaise de Gargantua

Il existe sur notre commune entre le Hameau de la Fontaine et celui de l'Anerie deux roches figurant le bras d'un gigantesque fauteuil dominant la Seine connues sous le nom de Chaise de Gargantua.
Cette appellation est très ancienne en effet, dans une charte de l'Abbaye de Jumièges délivrée par Guillaume de Garlande en 1188, celui-ci donne aux moines de l'Abbaye 61 arpents de bois pour être défrichés. situés au bois Collebost et au bois de Genneville au lieu-dit "Curia Gigantis". Si les dénominations Collebost et Genneville ont disparu. il n'en est pas de même de Curia Gigantis, qui n'est autre que la Chaise de Gargantua.
Busnel et Tougard prétendent qu'elle s'appelait déjà ainsi en 1093.

Selon la légende le géant lors de son séjour en terre normande avait coutume de venir s'y reposer. Adossé à la falaise, la tête reposant sur les arbres qui la couronnent. Gargantua allongeait les jambes et reposait ses pieds sur l'autre rive du fleuve. C'est dans cette position qu'il tirait sa flemme au soleil. Or, un jour un colporteur qui cherchait un batelier pour traverser la Seine fut tout surpris d'apercevoir le pont miraculeux formé par les jambes du dormeur étendues au-dessus du fleuve et tout heureux de l'aubaine, il arrima solidement son fardeau à ses reins et entreprit l'ascension du géant. Arrivé au milieu du mollet. la chaleur étant torride. il voulut s'éponger le front et enfonça son bâton ferré dans les chairs du dormeur qui se sentant piqué se réveilla en maugréant contre les puces qui osaient venir l'importuner dans sa retraite. En même temps. il retirait sa jambe et le malheureux colporteur tomba à l'eau suivi de son ballot et ils disparurent à tout jamais dans les flots.

Gargantua a laissé son nom à de nombreux lieux dans notre région. C'est ainsi qu'à Varengeville sur Mer. une ancienne motte porte le nom de "Tombeau du Petit doigt de Gargantua".

  • A Veulettes les restes de l'enceinte d'un ancien camp s'appellent le "Tombeau de Gargantua".
  • On trouve également à Tancarville une Pierre gante (géante) appelée chaise ou fauteuil de Gargantua
  • A Fresle près de Neufchatel un monticule boisé Pas de Gargantua ou Pas du Cheval de Gargantua.
  • A Saint-Nicolas d'Attez près de Verneuil sur Avre, un bloc ferrugineux appelé Pierre de l'Agourt ou de l'Agoùt ou de Gargantua,
  • A Caillouet -Orgeville. deux blocs rocheux le Caillou de Gargantua.
  • A Neaufles-Auvergny. un menhir nommé Pierre de Gargantua ou Pierre affiloire de Gargantua.
  • A Croth, le gravier de Gargantua.
  • A Dormant près de Vernon. deux tumuli nommés une Hottée de Gargantua.
  • A Port-Mort. le Caillou de Gargantua et le siège de Gargantua.

Je ne cite là que les plus proches situés en Haute-Normandie.
D'après Léon de Vesly. la chaise de Gargantua tout comme les autres roches naturelles au pied desquelles coule la Seine (la déesse Sequania) furent les acropoles des habitants primitifs de la région et leurs lieux de culte. La chaise de Gargantua fut donc un autel du druidisme. Les découvertes faites dans ce secteur permettent en effet d'affirmer que cette zone était habitée depuis longtemps. Les marins prétendent que face à la Chaise de Gargantua et au hameau de l'Anerie. entre Duclair et la Fontaine. c'est l'endroit de plus profond de Rouen jusqu'à la mer.

J.P. HERVIEUX

jeudi, 08 janvier 2009

Le Mess des officiers du camp TWENTY GRAND

Le Mercredi 9 Mai 1945, lendemain de l'Armistice, Monsieur Louis ROBIN, Maire, et le Conseil Municipal de Saint Pierre de Varengeville recevaient officiellement le Colonel LAMBERT, Commandant du Camp "TWENTY GRAND" et lui adressaient le message suivant: "Au lendemain du jour mémorable qui a marqué officiellement pour les alliés la fin de "la guerre la plus cruelle que l'humanité ait jamais connue, la Municipalité de Saint-Pierre-de-Varengeville est heureuse et fière d'accueillir en son hôtel de Ville, Monsieur Le Colonel LAMBERT, Commandant de l'unité américaine, cantonnée au camp du Bourg Joly. Elle lui adresse l'expression de sa vive amitié et lui demande de bien vouloir apposer sa signature sur le registre des délibérations du Conseil Municipal. Elle saisit cette occasion pour adresser son souvenir ému à la mémoire du grand citoyen Franklin ROOSEVELT, dont les idées de justice et de liberté ont triomphé de la barbarie du peuple germanique comme ils triompheront de l'esprit de conquête du peuple japonais.

Le camp "TWENTY GRAND ", comme les autres camps américains, disparut en Février 1946.
Le 2 Février 1946, la Municipalité de Saint-Pierre-de-Varengeville menée par son Maire, Monsieur Raymond FAUDEUX, reçut le Commandant du camp "TWENTY GRAND": " Le 2 Février 1946 En ce jour, la Municipalité reconnaissante est heureuse de prouver ses plus vifs sentiments de gratitude à Monsieur Le Major Charles CODDINGTON, Commandant du camp américain "TWENTY GRAND" de Saint-Pierre-de-Varengeville qui a comblé la population et les enfants de la commune de bienfaits et lui demande de lui faire l'honneur, avant son départ, d'apposer sa signature sur le présent registre des délibérations du Conseil Municipal ".

Le Camp "TWENTY GRAND") ferma le 6 Février 1946 à 18 heures.

En Juillet 1946, s'y déroula le repas des anciens. Restauré en 1985, l'ossature du bâtiment est d'origine.


Aujourd 'hui, il ne restait plus comme traces de cette ville éphémère que les arbres gravés qui longent la Route de Duclair (coupés en 2009) et la Salle des Fêtes (mess des officiers reconstruite au centre du village).